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| Aldo Bisetti a été chef de projet sur plusieurs chantiers de la Transjurane. |
Aldo Bisetti, de Saignelégier, ingénieur au bureau GVH Ingénieurs à Tramelan, a vu sa carrière professionnelle évoluer en même temps que la Transjurane prenait des kilomètres. Il prend sa retraite cette année en terminant le chantier de la RC6, contournement de la route cantonale à Choindez.
Rencontre avec un homme qui aime construire des ponts grâce aux tunnels.
Une chance. Voilà comment Aldo Bisetti, ingénieur du bureau GHV à Tramelan, décrit la Transjurane. Une chance pour lui et pour tout le canton. Il ouvre la porte de sa maison dans les hauts de Saignelégier. C'est un homme mince et de taille moyenne.
Aldo Bisetti a obtenu une maturité scientifique au gymnase de Bienne en 1979. Un diplôme qui lui a ouvert les portes de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich puis de Lausanne, comme assistant en géotechnique. Ce passage à l' EPFL m'a permis de créer des relations professionnelles que j'entretiens encore aujourd'hui, déclare-t-il. Puis, avoir des références dans une école comme l'EPFL est très précieux. En 1978, il renonce au doctorat, préférant se lancer dans la pratique de la profession et construire.
Mon plaisir est de passer d'un projet sur le papier à la réalisation concrète d'un ouvrage. Il aime son métier qui lui demande de l'inventivité pour mettre en oeuvre les détails de la construction. Les ingénieurs ne sont pas uniquement des matheux qui réalisent des calculs compliqués. Au contraire, insiste-t-il.
En 1990, après une dizaine d'années de pratique dans différents bureaux et un projet au Congo, Aldo Bisetti devient partenaire du bureau GHV. C'est à ce moment-là aussi que son engagement sur la Transjurane débute. Il a été nommé Chef de projet sur différents ouvrages particulièrement du côté jurassien de l'A16, mais a collaboré à d'autres projets sur quelques tronçons dans le canton de Berne.
Le Mont-Terri, premier ouvrage d'envergure.
Ce tunnel représente 10 ans de formation et de dur labeur pour l'ingénieur. Je devais trouver ma voie là au milieu raconte Aldo Bisetti. L'époque était favorable pour se former. Il a donc saisi les opportunités. Cet ouvrage achevé, le Gouvernement a tenu parole et a mandaté IJA (Ingénieurs Jurasiens Associés) _ un consortium d'ingénieurs jurassiens dont le bureau GHV fait partie. Il nous a mandaté pour les travaux de contournement de Porrentruy ainsi que pour le tunnel de Montaigre. GHV était le bureau pilote de ces travaux et Aldo Bisetti le chef de projet. Entre ces trois tunnels, des ponts ont dû être construits auxquels l'ingénieur a aussi collaboré.
Ce chantier de la Transjurane a permis à Aldo Bisetti de retrouver François Mertenat, ministre en charge du dossier depuis le début du chantier jusqu'en 1994. Nous nous sommes connus en 1961, lui comme jeune instituteur et moi comme jeune écolier à Tramelan, raconte-t-il. Après la gymnastique, il nous défiait au football. Je l'admirais car il jouait avec nous et se montrait ferme et exigeant à la fin du match. Puis les années ont passé. Nous nous sommes retrouvés avec beaucoup d'émotions et la conscience du chemin parcouru dans une même direction. Lui était au Gouvernement et moi dans un bureau d'étude à la réalisation de cet ouvrage emblématique qu'est la Transjurane pour le jeune canton du Jura.
Infidélités au Jura
Fort de ces expériences comme bureau pilote, GHV a élargi géographiquement son cercle d'activités. Ainsi, il a participé au projet de la Poya à Fribourg ( qui comprend le pont ainsi qu'un tunnel et une tranchée ouverte). Aldo Bisetti a réalisé le projet du métro M2 à Lausanne avec la construction d'un pont sous le pont Bessières, suivi de la station Bessières et du tunnel Langallerie. Il s'agit de mon ouvrage de référence indique l'homme en farfouillant dans ses livres pour en ressortir schémas et photographies.
Après quelques années d'infidélités au canton du Jura,Aldo Bisetti revient sur la Transjurane. Au bercail. Il est alors nommé chef de projet pour le tunnel de Choindez. Cet ouvrage-là était plus complexe que les trois tunnels que nous avions réalisés précédemment se souvient-il. Il est plus long et traverse des couches géologiques différentes. Ce projet s'est avéré compliqué sur le plan financier et usant sur le plan personnel. Il regrette que les conditions générales de travail se soient dégradées entre son expérience au Mont-Terri et celle de chef de projet à Choindez. Les relations étaient plus simples et moins tendues sur le Mont-Terri. Un tunnel représente 10 ans de travaux. Nous aurions intérêt à maintenir un bon climat relationnel Selon lui, les marchés publics, la mise en place des systèmes d'assurance qualité (AQ) ainsi que le développement de l'informatique ont compliqué la vie. Je suis conscient des progrès que ces avances ont permis et qui nous sont utiles sur beaucoup de plans, assure Aldo Bisetti. Mais nous avons perdu une partie de l'essentiel. Avant, lorsque nos donnions notre parole à quelqu'un, c'était un engagement réel. Aujourd'hui il faut tout notifier.
L'ingénieur termine sa carrière cette année avec la correction de la route cantonale de Choindez, le chantier de la RC6, entrepris pour des raisons de compensations écologiques. Un chantier compliqué comprenant une estacade, un pont, un tunnel et une tranchée couverte. C'est un ouvrage très intéressant qui combine plusieurs paramètres, c'est ma cerise sur le gâteau sourit-il. Je viens du Jura Bernois mais vis dans le Jura. Mon dernier ouvrage se trouve à cheval entre les deux cantons. Un clin d'oeil pour cet homme dont la carrière professionnelle a évolué en même temps que la Transjurane gagnait des kilomètres.
UNE AVENTURE MERVEILLEUSE
Aldo Bisetti se dit ravi de ce que la Transjuane lui a apporté, même s'il a dû donner pour recevoir. Malgré les difficultés parfois rencontrées, il n'a jamais envisagé de baisser les bras. Les difficultés m'aiguillonnent et me donnent de l 'énergie. Puis, j'ai pu compter sur une solide équipe du bureau GHV, ce qui était très précieux pour moi, J'ai adoré partager ces chantiers avec les ouvriers, presque tous des étrangers, attentifs à l'attention que nous leur portions. Nous oeuvrions ensemble avec nos différences.
En repensant à toutes ces heures passées sur le chantier de l'A16, Aldo Bisetti sourit : c'était une aventure merveilleuse et, même s'il y a eu des points noirs, je me souviens des bons moments.
Il enchaîne les yeux remplis de souvenirs. Je ressens une certaine fierté à démontrer que le Jura possède les ressources humaines pour construire ses infrastructures.
>>> voir sous Viméo ( une trentaine de mini-vidéos )
https://vimeo.com/home/page:1/filter:all/format:video

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