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samedi 26 décembre 2015

NOËL 2015

Cette année, nous avons eu la surprise d'avoir Emilie pour la soirée de Noël. Elle nous revient de Minsk.




samedi 14 novembre 2015

VISITE PIERRE ET AURELIE

AINSI QUE LE "TONTON" QUI VOULAIT VENIR ECOUTER GEORGES CHELON ...


Et une génération plus tard ...


lundi 2 novembre 2015

2 NOVEMBRE 2015

Hier, aujourd’hui, demain

Nous avions ensemble fait tant de choses.
Et voilà que maintenant tu nous quittes.
Nous avons mangé, bu avec toi, nous avons partagé les soucis et les travaux quotidiens.
Avec toi, nous avons partagé tant de projets et tant d’espoirs.
Il y a tant de choses encore que nous aurions voulu faire ensemble.
Mais cela semble s’arrêter aujourd’hui et ce n’est plus ensemble que nous allons réaliser ce que tu espérais.
Nous voudrions nous souvenir de toi, continuer de travailler à tout ce que tu attendais, à tout ce que tu espérais.
Comme un mur, la mort nous sépare, de toi, comme le souffle du vent qui balaie les obstacles,
notre amitié, notre affection et notre espérance s’en iront te rejoindre là où désormais tu nous attends près de Dieu.

dimanche 25 octobre 2015

lundi 27 juillet 2015

LES ALSACIENS NOUS RENDENT VISITE ...

Et oui ... ils sont arrivés jusqu'à La Neuveville.
Le temps de passer une merveilleuse journée qui a commencé par une attente du bateau qui n'est pas venu à l'heure que Marylou avait prévu. Ce petit contre-temps nous a permis de boire l'apéro en ville et de faire quelques pas à la découverte de cette cité.
Après ces jours de chaleur, le froid et le vent étaient de mise.
Le temps de traverser le lac et nous étions déjà au restaurant pour déguster du poisson.
Après le retour et nous avons regardé le tour de France avant de se caler encore une fois l'estomac.
Très belle journée.

L'invitée surprise ... Eva

samedi 4 juillet 2015

samedi 4 avril 2015

SACRE LEON ...

"Ma 1ère religion, c'est le respect de l'autre"




Abbé Léon Foé, 49 ans

«Ça va, je ne me plains pas. Dans ma vie, j’en ai déjà vu des vertes et des pas mûres. Lorsque j’étais petit, je voulais être militaire pour défendre mon pays. Aujourd’hui, je suis curé à la Neuveville, dans le canton de Berne. Je ne suis pas venu en Europe pour des papiers, mais pour réaliser un projet: faire une thèse. Je l’ai soutenue le 20 octobre dernier, à la faculté de l’Université de Fribourg. Elle sera publiée aux éditions de l’Armathan, début 2016. Son titre ? De la culture à l’inculturation. Pour une méthodologie efficace de l’évangélisation en Afrique chez les Beti au Cameroun.

Les Beti, c’est mon peuple. Dans certaines circonstances, pour le christianisme, l’enveloppe est plus importante que le message. Lorsque les missionnaires sont arrivés chez nous, ils ont voulu faire de nous des occidentaux. Ils ont rasé nos cultures, balayé nos coutumes. Nous qui avions déjà un passé chaotique à cause de l’esclavage, on est devenu des hommes sans logique. Etre réduit à l'esclavage, c’est perdre sa personnalité. Nous les Africains, on a perdu notre personnalité. On est devenu des portefaix éternels.


Inégalité entre Blancs et Noirs
Aujourd'hui encore, les Noirs sont moins bien traités. Dans certains pays, la discrimination est raffinée, dans d'autres, elle est manifeste. La solution pour les Noirs? Etre instruits. Il faut qu'ils développent un capital intellectuel et des arguments. Il faut qu'ils aient de la verve et qu'ils défendent leurs idées. C'est d'ailleurs comme ça que Martin Luther King a fait bouger les lignes. Mais il n'y a toujours pas d'égalité entre les Blancs et les Noirs. C'est tout ça qui m'a poussé à écrire ma thèse. Je commence par un état des lieux. Pourquoi l'évangile ne fait pas corps avec notre culture ? C'est parce qu'il y a eu l'esclavage. Mais je reste optimiste, c'est dans ma culture. Dans la triade vie-mort-vie, la vie a toujours le dernier mot. Actuellement, l’Afrique est dans la mort.

Respect et amour
Mais notre continent est en train de lutter pour retrouver la vie. Une vie qui doit se faire dans la religion. L’Africain a toujours été un homme religieux, nous avons ça dans nos gènes. Le message du Christ n’est pas pour une certaine couleur de peau. C’est l’amour et le respect de l’autre. Ma première religion, c’est le respect de l’autre. Personne n’a choisi de naître là où il est né. Personne n’a choisi ses parents, ses frères et sœurs. Tu es blanc, je te respecte. Tu es chinois, je te respecte. Dieu aussi nous respecte. La plus belle preuve de son respect ? Il ne fait pas de nous des moutons. On peut croire en lui ou non. C'est cette alternative qui fait qu'il nous aime et que l'enfer existe. Si tu es proche de Dieu, sa lumière est sur toi. Si tu t'enfermes, tu seras dans le noir. Mais ce n'est pas lui qui t'auras enfermé.

Enfance misérable
Cela fait cinq ans que je suis en Suisse. Je suis arrivé le 1er août 2011. Je suis né et j'ai grandi dans un petit village au centre du Cameroun. Nous étions sept enfants, cinq garçons et deux filles. Mon père, un instituteur, est mort à 37 ans, lorsque j'étais en 4ème ou 5ème année scolaire. J'ai eu une enfance misérable. Ma mère n'avait pas d'activité lucrative. Je ne mangeais pas toujours à ma faim. Vers 12 ou 13 ans, j'ai dû arrêter l'école pour aller vendre des œufs ou du bois et soutenir ainsi la famille. Evidemment, je n'étais pas content. C'est aussi grâce à la solidarité des villageois qu'on s'en est sorti. En Europe aussi, dans le temps, on partageait tout dans les campagnes. En fait, il vaut mieux être pauvre en Afrique qu'en Europe, car chez nous, il y a toujours la solidarité. Nous formons un tout. C'est ça qui nous a sauvés. Il n'y a pas de pièces détachées.

A bas le célibat
Mon père était l'aîné de la famille, le pivot. Il aurait voulu devenir prêtre, mais mon grand-père a refusé, à cause de cette histoire de célibat. Le célibat, ce n'est pas dans notre culture. C'est contre nature. Je l'écris d'ailleurs dans ma thèse. J'y dis ce que je pense. Mes propos ont été appréciés par les membres du jury qui ont évalué ma thèse, des prêtres et des professeurs de la faculté de théologie de Fribourg. D'ailleurs, avant, les prêtres et les papes étaient mariés. Puis des responsables ont pris des décisions en Europe et sont venus nous les imposer en Afrique. Il n'y a aucun argument théologique qui va dans ce sens. Tous les disciples de Jésus étaient mariés, sauf un, Jean, qui avait 17 ans. Si au moins cette loi était universelle. Mais dans l'église orthodoxe reconnue par Rome, les prêtres sont mariés. Pourquoi certains prêtres peuvent-ils se marier et d'autres pas ?

La fertilité, une richesse
Dans notre tradition, notre plus grande richesse, c'est la fertilité. Ces histoires de célibat, ce n'est pas notre culture. Les gouvernantes des curés sont les concubines chez nous. En Afrique, un célibataire c'est un handicapé pour tout le clan et son avenir. Et chez nous, les enfants doivent être légitimes. Les Africains polygames sont critiqués par les Européens qui disent: «Oh c'est des Africains…! » Moi je leur réponds: «Où est la différence avec toutes les maîtresses que vous entretenez?»

Grand frère sacrifié
Dans mon enfance, j'ai été soutenu par des prêtres. J'ai grandi sous le regard de différents curés. Et un jour dans la paroisse est arrivé un jeune prêtre allemand. Il voulait apprendre à dire les textes dans la langue locale. Je lui faisais répéter les textes avant la messe pour qu'il ait une bonne élocution. C'est lui qui m'a proposé d'aller au petit séminaire à Mbalmayo. J'ai ensuite fait une année de propédeutique avant d'entrer au grand séminaire à Yaoundé. J'y ai étudié trois ans, puis j'ai fait une année de stage au petit séminaire. J'ai ensuite continué mes études de théologie, soit trois ans, à l'université catholique qui venait d'ouvrir. A suivi mon ordination diaconale, un stage diaconal puis mon ordination sacerdotale en août 1998. C'est l'Eglise qui a pris tous les frais de mes études en charge. Ma mère donnait ce qu'elle pouvait. Je suis le seul de la famille à être arrivé à un stade avancé dans les études. Mon grand frère, lui, a été sacrifié. Il a dû arrêter l'école très tôt pour soutenir notre maman. Il aurait voulu continuer d'étudier. Il est devenu mécanicien.

Bonjour le froid
Je suis venu en Europe après ma licence en théologie. Je voulais étudier une branche qui n'était pas encore enseignée à Yaoundé: la théologie pratique. J'ai atterri à Strasbourg en novembre 2005. Je m'imaginais le froid, mais la réalité a été tout autre. Quand on voit l'hiver à la télévision depuis l'Afrique, on pense que c'est beau. On n'imagine pas que cela pénètre le corps à ce point… Pourtant  c'est féérique la neige.

Garder la main
C'est un confrère africain qui m'a accueilli. Je suis resté avec lui jusqu'en janvier. Recommencer à étudier, cela n'a pas été facile. Durant sept ans, j'avais été curé puis vicaire épiscopal, soit représentant de l'évêque. Il a fallu relancer la machine. Même prendre des notes, ce n'était pas évident. Quelques mois plus tard, en février, j'ai déménagé dans une autre zone pastorale. C'est très important de garder la main comme curé. Il faut toujours continuer d'exercer, sinon on s'oublie et on perd la pratique. J'ai fait mon master un et deux, puis mon diplôme supérieur de théologie catholique et en parallèle, une maîtrise en sciences politiques à Strasbourg.

Un peu froids les Suisses
Je suis arrivé en Suisse par l'intermédiaire du diocèse de Bâle. Je me plais bien ici. Moi qui viens d'un pays de chaleur où l'on est toujours avec des gens, ici, je compte le nombre d'invitations que j'ai reçues en quatre ans. J'essaie de comprendre comment fonctionnent les Suisses. Ils sont un peu froids, comme le climat. Mais une fois que les gens vous ont accepté, ça va.  Les Alsaciens sont aussi comme ça. Au départ, ils sont froids, puis après, leurs embrassades sont plus chaudes. Ici les gens célèbrent plus l'événementiel, soit les baptêmes, les mariages, les enterrements. Les pratiquants sont devenus une espèce un peu rare. Je respecte cette façon de faire. La messe tous les dimanches, les gens finissent par s'en lasser.
Ce que je souhaite pour 2016 ? Etre vivant, au travers de ma vie et de mes écrits et plus encore au travers de la Parole, dont je suis par accident ou par l'appel,  un des vecteurs. Joyeux Noël à tous et mes voeux les meilleurs pour la nouvelle année.»