Né à Vérossaz le 16 janvier 1934, Marcel y est demeuré toute sa vie. Une fois l'école termi- née, encore jeune, il a tra- vaillé sur les chaners de construcon des barrages, puis a été en- gagé à l'usine de ciment de St-Maurice.
Il unit sa desnée à celle de Marie-Claire Bar- man en 1966 et ils eurent la joie d’accueillir trois enfants. La perte d'un de ses fils, Chris- tophe, en 1989 l'affecta à jamais. Très vite il a repris la campagne de ses parents, tout en tra- vaillant à la Ciba de Monthey. Il aimait partager du temps avec ses amis chasseurs en automne et parciper aux compéons du r toute l'an- née. Il aimait l’alpage de Salanfe, il y a passé les étés de son enfance, sa famille possédant un chalet avant la construcon du barrage et c’est avec bonheur qu’il aimait relater cee période de sa vie. Chaque été, il faisait la tournée des alpages pour voir ses vaches et rechercher les meilleurs séracs à distribuer. Il aimait parler du passé et gardait en mémoire la généalogie de toutes les familles. Il se tenait assidument au courant de l’actualité en lisant journaux et re- vues et en regardant la télévision. Il avait aussi grand plaisir à suivre les compéons sporves télévisées.
Avec sa disparion, une page se tourne dans le village. Plus de char de fumier au printemps, plus de "limonée" en été, moins de virée en "tracasson" pour les enfants, moins de bruit de
faux que l'on "entsape" et de "covet" à l'odeur de vinaigre... Beaucoup d'histoires qui vont se perdre.
Marcel était toujours prêt à rendre service, sans rien aendre en retour. Il renonçait à toute tâche pour partager un moment, un bon mot, devant son écurie, dans les prés ou au pied d'un cerisier. Son sourire était plein d'humour, ses yeux vifs, on pourrait dire malicieux. Il savait écouter. Il donnait son avis, sans jamais imposer son point de vue. Lorsqu'il faisait un compli- ment, on le gardait comme un trésor.
Il a été courageux dans les épreuves qu'il a tra- versées. Il ne voulait pas parler de sa maladie. Il ne voulait pas de pié. Il ne voulait pas d'encou- ragement. Ce n'était pas de la dignité, juste le bonheur d'être lui-même dans le travail, dans l'acon, dans les mots simples échangés. Il se montrait fort pour ses enfants; il ne se souciait que de leur bien-être et ne voulait leur faire porter aucune charge. Il croyait aux traitements et avait confiance au personnel soignant. Il croyait en la vie.
Et puis il est par, sans crier gare. Il s'est occupé de son bétail. Il s'est couché. Un jour, un seul. Il a parlé avec ses proches. Des mots légers, pas des adieux. Il s'est endormi. Un départ dans la paix. Un départ dans la simplicité. Un dernier souffle. Un dernier cadeau. Un dernier acte d'amour pour sa famille.
Il ne voulait pas d'hommage. Il ne voulait pas d'une vie en pleine lumière. Il voulait juste ac- complir son œuvre, dans l'ombre. Il voulait juste être. Mais avant que ne se tourne la page, pen- sons encore une fois à lui et aux moments par- tagés. Un instant de silence pour laisser place aux souvenirs.
Ta famille

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