vendredi 12 novembre 2010
CHANOINE EDGAR VOIROL
Chanoine Edgar VOIROL, Curé (1967-1985) et Bourgeois d’honneur (09.10.1977) de VEROSSAZ
Originaire des Genevez dans le Jura, né à Bienne le 6 octobre 1897, le Curé Voirol vécut son enfance à Evilard. Il fit ses écoles primaires à Bienne, puis fréquenta pour des raisons religieuses et poliques l’Ecole Normale de Hauterive à Fri- bourg d’où il sort diplômé en 1915. Il enseigna ensuite trois ans à l’Instut catholique de Porren- truy, aujourd’hui, Collège St-Charles.
Appelé par la vocaon sacerdotale, il s’inscri- vit au Collège de St-Maurice où il obnt sa Maturi- té classique en 1922. Novice puis profès, il obnt un doctorat en théologie à l ‘Université Grégo- rienne de Rome où il fut ordonné prêtre en 1926.
De retour à St-Maurice, il enseigna 14 ans au collège agaunois, soit jusqu’en 1940, date à la- quelle il accéda à la direcon du Collège St-Charles de Porrentruy. Il y resta jusqu’en 1967 et pendant 27 ans, fut “le patron“ (comme il aimait qu’on l’ap- pela), de milliers d’étudiants. A 70 ans, se sentant encore assez en forme pour oublier la retraite et s’engager dans le service pastoral, il demanda au Père Abbé, Mgr Louis Haller, de lui trouver une pete paroisse dans laquelle il pourrait encore se rendre ule. C’est ainsi qu’orpheline de son berger subitement décédé, la paroisse Ste Marguerite de Vérossaz l’accueillit comme curé, le dimanche 30 juillet 1967.
Passer de la direcon d’un collège d’adoles- cents qu’il menait d’une main de fer dans un gant de velours, à la pastorale paysanne où les brebis étaient dans l’aente d’un berger plutôt que d’un directeur, ne fut sans doute, ni pour le curé très sûr de lui, ni pour les paroissiens quelque peu curieux et méfiants, une sinécure de tout repos. Une ville et son bel instut bien paré d’un côté, un village de montagne et sa vie rurale de l’autre; un professeur admiré et très bien noté à droite, des gens d’une grande simplicité mais bien disposés à gauche, pou- vaient-ils s’entendre, effacer tout malentendu et vivre heureux, s’aidant les uns les autres, dans la sincérité et la confiance.
La réponse tomba lorsque le curé volontaire mit face à face, la commune aux pauvres res- sources et la cure dans l’urgence d’un toileage bienvenu. “Combien pouvez-vous assurer?... Bien! Je m’occupe du reste!“ Prenant son bâton de pèle- rin, “Oncle Chanoine“, s’en alla frapper à la porte
de la maison Burrus à Boncourt, ses amis de tou- jours, ainsi qu’à celle d’autres familles jurassiennes mieux loes que celles du Plateau. Dans sa quête il récolta la plus grande pare du coût de la rénova- on projetée. Pour le reste, il prit sa plume qu’il avait facile il est vrai, pour publier dans des jour- naux d’ici ou de là-bas, quelques lignes bien sen- es imageant avec à propos “Le “Coq de Vérossaz“ dont le chant mélodieux sut émouvoir les fidèles les plus pingres.
Ceci, est un exemple ... il y en eut bien d’autres, moins pompeux et plus humbles car M. le Curé Voirol sous son regard et son atude sé- vères, avait une prédilecon pour les faibles et les démunis. Il les traitait en ami, en membres de sa famille. Sa façon de praquer et de vivre le minis- tère pastoral était autre que celle à laquelle ses paroissiens avaient été habitués, mais elle n’en était pas moins vraie, sincère et porteuse de fruits, des fruits qui feront le bonheur de certains lende- mains.
Pour rappeler le souvenir de cet homme ex- ceponnel qui rayonna sur toute la Suisse ro- mande, il faut souligner en dehors de sa carrière d’enseignant, ses talents liéraires qui l’amenè- rent à collaborer à de nombreux journaux et re- vues, à écrire des livres ou encore des recueils de canques ou de poèmes mis en musique par divers compositeurs. Doué pour la peinture il peignit de nombreux décors et de magnifiques vitraux ornant différentes chapelles valaisannes ou jurassiennes. Et que dire de ses linogravures reflétant scènes et personnages journaliers au dos desquelles il con- fiait ses messages et ses vœux à l’aenon de ses amis ou confrères. Comme dit la chanson: “Chapeau l’arste! “
Conversant avec une de ses connaissances, M. le curé déclara: “que les dix-huit années pas- sées à Vérossaz furent les plus belles de ma vie...“ Que ce compliment rapporté ici par l’auteur de ces lignes, soit accepté comme un signe de la franche amié qui unissait M. le curé Voirol à chacun de ses amis qu’il soit passant ou parois- sien, d’ici ou d’ailleurs, cher à son cœur, d’hier ou d’aujourd’hui, de demain, jusqu’à la fin des temps.
Les archives paroissiales de Vérossaz comptent dix-huit enveloppes jaunes bien rangées. En chacune d’elles, M. le curé Voirol a glissé l’ homélie offerte à ses fidèles chaque dimanche et fête de l’année écoulée. Il attachait beaucoup d’importance à ce moment d’instrucon qui lui permeait par le commen- taire des lectures du jour ou le développement d’un sujet parculier qu’il avait retenu à l’intenon de ses paroissiens, de faire passer son message dominical. Chaque prédicaon était préparée avec soin et minue, méditée du mercredi au vendredi, écrite à la main, re- lue à haute voix et apprise par cœur. Concise, sans fioritures ni improvisaon malvenue, sans un mot hors de propos, aucune d’elles n’était ennuyeuse ou trop longue, ne dépassant guère six à huit minutes, ...et au total plus de mille prêches manuscrits en dix-huit ans d’apostolat.
La page précédente rend hommage à ce travail de tan en reproduisant le dernier sermon pro- noncé par M. le curé Voirol. D’une voix émue et légèrement tremblante, à la surprise de ses pa- roissiens ébahis, il le lut ... une réponse en quelque sorte au mot “ Halte “ qu’il entendit quelques semaines plus tôt en son for intérieur et qu’il cite au milieu de son “ Au revoir! “
J
Le 13 novembre 1985, M. le curé Voi- rol regagna l’Abbaye et passa deux ans au mi- lieu de ses confrères. Très fagué, il fut hospi- talisé pour subir une intervenon délicate et pénible. Revenu parmi les siens et voyant au fil des jours, ses forces l’abandonner, il se réso- lut à retourner en clinique. Sentant venir l’heure de son rendez-vous avec “ notre sœur la Mort “ comme aimait l’appeler St François d’Assise, il se prépara avec sérénité et con- fiance, afin de passer sa Pâque et entrer dans la Lumière éternelle, avec sérénité, prêt corps et âme, tel le scout ou l’aumônier militaire qu’il fut!
Au Prieur qui le visitait fraternellement, il dé- clara non sans cee pete pointe d’humour dont il aimait à colorer ses réflexions mali- cieuses : “ J’aends la mort comme un fiancé aend sa fiancée. Elle est en retard, mais elle viendra ! “
Elle vint en effet, le lundi de Pâques 20 avril, jour de la Ste Julie, vingt ans après son arrivée en notre paroisse.
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