mercredi 21 décembre 2011

NEUCHATEL FETE SON MILLENAIRE


C’est en 1011, dans une donation d’un roi de Bourgogne à son épouse, qu’apparaît pour la première fois le nom de « Novum Castellum » ; bien qu’il soit qualifié de « regalissima sedes » (domaine très royal), ce château neuf est probablement encore bien modeste et les quelques maisons qui abritent sa garnison forment à ses pieds l’embryon de la future ville de Neuchâtel.
Peu à peu cependant, les comtes de Neuchâtel, puis les maisons de Fribourg-en-Brisgau, de Hochberg et d’Orléans-Longueville qui se succèdent à la tête du pays par mariage ou par héritage pendant le Moyen-Age et la Renaissance (sans oublier les Confédérés qui occupent le comté de 1512 à 1529), prennent une importance croissante dans le monde féodal. A leur image, la ville grandit ; au milieu du XIIIe siècle, elle franchit le Seyon, aujourd’hui disparu, et trois siècles plus tard elle est solidement établie dans le polygone : Château, Moulins, Chavannes, Fausses-Brayes, Saint Honoré, Epancheurs, Place des Halles, Trésor. La bourgeoisie, privilégiée par la charte que lui ont accordée les seigneurs de Neuchâtel, en 1214, prospère et s’enrichit, principalement dans le commerce et la banque. Dès le début du XVIIIe siècle, les négociants les plus aisés construisent de somptueuses demeures le long de l’actuel Faubourg de l’Hôpital dont le lac est encore tout proche.
De 1707 à 1848 – si l’on excepte les années 1806 à 1813 pendant lesquelles Neuchâtel appartient au Maréchal Alexandre Berthier et relève de l’Empire français – les princes de la maison de Hohenzollern règnent sur Neuchâtel depuis Berlin. Sous leur autorité relativement libérale, Neuchâtel, centre économique florissant, devient également un carrefour d’idées nouvelles que diffusent dans toute l’Europe ses excellents imprimeurs – éditeurs. En 1815, dans le cadre de la réorganisation du continent qui suit la tourmente révolutionnaire et les guerres de l’Empire, Neuchâtel hérite d’un statut ambigu et peu garant de stabilité : il devient canton suisse tout en demeurant propriété des rois de Prusse.
Le 1er mars 1848, une colonne insurrectionnelle emmenée par les démocrates des Montagnes, du Val de Travers et de la Béroche, entre dans Neuchâtel sous la conduite de Fritz Courvoisier. Le soir-même, Alexis-Marie Piaget installe son gouvernement provisoire au château et le lendemain, 2 mars, soutenu par les délégués de la Diète fédérale, il proclame la République.
En 1856, quelques conservateurs mal inspirés tentent de restaurer le pouvoir royaliste, mais la contre-révolution fait long feu et les grandes puissances européennes profitent de cette occasion pour régler définitivement le cas de Neuchâtel ; le traité de Paris, du 26 mai 1857 prononce la séparation définitive de Neuchâtel et des rois de Prusse.
Depuis cette date, Neuchâtel est un canton suisse à part entière et son chef-lieu – dont les belles maisons de pierre jaune ont fait écrire à Alexandre Dumas que « la ville ressemblait à un joujou taillé dans une motte de beurre » n’a cessé de se développer, escaladant les premiers contreforts de Chaumont et conquérant toujours de nouveaux terrains sur le lac. Entre son lac et sa montagne, Neuchâtel est une ville heureuse et paisible, fière de son histoire et des hommes qui l’ont faite.













1000 BOUGIES A TRAVERS LA VILLE


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